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 Omine Zéro (complet)

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Emelinette



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MessageSujet: Omine Zéro (complet)   Mer 25 Juil - 4:35

Chapitre 1


- Ouuiiinnnn !
Fallae brandit fièrement le nourrisson en s'écriant :
- C'est une fille ! C'est une fille !
Fallae est un elfe d'âge mûr. Lui et sa compagne Lhin sont tout deux des druides expérimentés. Ils ont été mendatés par leur ordre pour maintenir l'équilibre des forêts du continent des humains. Ils ont donc à la fois le rôle d'émissaire, de négociateur, et aussi, à l'occasion, d'enquêteur, comme c'est le cas ces jours derniers, lorsqu'ils ont constaté que certains animaux semblaient déserter la zone méridionale.
Ils se déplacent seuls, c'est plus simple et surtout plus discret. Avec leurs montures, deux magnifiques tigres à dents-de-sabre, le premier d'un blanc immaculé et le second gris sombre à rayures noires.
En fait, ils sont partis à trois, sans le savoir. En effet, Lhin était enceinte au moment du départ, mais ça n'est apparu que quelques semaines plus tard. Et aujourd'hui est venu le moment de la naissance, événement que les elfes fêtent avec toujours autant d'enthousiasme.
Le couple s'est installé depuis deux jours dans une petite clairière, à seulement une demi-journée de marche de la capitale humaine, Hurlevent. Lhin commençait à ne plus supporter les déplacements. Fallae a donc établi un camp, confectionné un abris pour sa chère et tendre, à l'aide de feuillages savamment sélectionnés, moelleux pour la couche, drus pour le toit.
Les contractions ont duré presque un jour et demi. Toute la faune alentour est venue, chacun à son tour, soutenir la future mère dans cette épreuve douloureuse.
Mais maintenant, à la tombée de la nuit, tout est fini.
Fallae dépose délicatement le bébé dans les bras de sa mère, épuisée mais heureuse, qui l'embrasse en pleurant de joie.
Le feu crépite, projetant les ombres du trio sur les arbres.
Fallae, en repliant les couvertures qu'il avait étendues sous les jambes de sa compagne, a du mal à articuler, sous le coup de l'émotion :
- J'ai pensé à un nom, tu me diras ce que tu en penses : dans le dialecte de nos ancêtres, il existe un mot qui représente à la fois le bonheur et la joie de vivre...
Lhin devine instantanément de quel mot Fallae veut parler. En s'adressant à sa progéniture hurlante et grimaçante, elle chuchote :
- Nous allons prendre bien soin de toi, Omine !
Un lapin blanc tacheté de gris apparaît près de l'épaule de Lhin. Il regarde le bébé avec attention.
Fallae sourit :
- Elle fait déjà l'unanimité parmi les habitants de cette forêt. Cette petite est promise à vivre très proche des animaux !
Lhin, sentant l'air frais de la nuit tomber sur le camp emmaillotte Omine, toujours criant et pleurant, et la place sur son bras gauche, du côté du feu. De sa main droite, elle fait signe à Fallae de venir près d'elle. L'elfe s'exécute et, en se penchant légèrement, vient déposer un long baiser sur les lèvres de Lhin.
Les deux tigres, qui sont couchés à quelques mètres de là, relèvent la tête avec une synchronisation parfaite. Leurs oreilles sont dressées, et ils regardent dans la même direction, vers le nord.
Fallae semble avoir senti quelque chose également, puisqu'il se met debout et scrute l'obscurité profonde de la forêt. Lhin, qui comprend qu'il se passe quelque chose, essaie de faire taire sa fille, en lui caressant les joues d'un doigt, et en lui prononçant des paroles qui se veulent douces, mais qui reflètent malgré tout son inquiétude :
- Chut, mon bébé, calme-toi, tututu c'est rien...
Elle l'embrasse sur le front, mais les cris continuent.
D'ailleurs, Fallae n'entend plus rien, à part sa fille. La forêt est devenu très silencieuse, et les cris du bébé n'en sont que plus présents. Ils se propagent parmi les arbres à plusieurs centaines de mètres, sûrement.
Un hibou survole la clairière, et Fallae constate alors que la lune se voile légèrement.
Le tigre blanc bondit comme un éclair et se précipite vers le nord, disparaissant aux yeux de tous malgré son pelage éclatant.
Le second, toujours aux aguets, reste en protection au camp, et c'est ce qui inquiète Fallae et Lhin. Cela signifie que le danger est très présent.
Omine se calme un peu, et des bruits sourds, parviennent au petit groupe, mais les réverbérations multiples empêchent toute tentative de deviner d'où ils proviennent. Cependant, Le tigre revient bientôt, trainant un corps, la tête dans la gueule.
- C'est pas vrai ! s'exclame Lhin, en reconnaissant la créature inanimée.
Fallae s'empresse de carresser son gardien, qui lâche sa proie. Le second tigre se lève et commence à marcher autour du camp, en observant tout autour de lui.
- Lhin, te sens-tu en état de prendre la route immédiatement ?
La voix de Fallae montre qu'il a plus d'assurance que sa compagne. Celle-ci, le regard fixe sur le corps déchiqueté par sa propre monture, balbutie :
- Mais qu'est-ce que des orcs d'élite viennent faire ici ?
- LHIN ! Prépare-toi, nous devons partir au plus vite !
Le tigre gris émet un rugissement puissant, comme pour prévenir un éventuel advseraire qu'il est prêt à en découdre.
Des bruits de feuilles et de métal encerclent bientôt la clairière.
Les orcs ne sont pas réputés pour être silencieux, mais lorsqu'ils se permettent de foncer sans plus faire attention à leur couverture, c'est qu'ils sont sûrs que leur ennemi ne pourra plus leur échapper.
Se rendant compte du peu de chances qu'il leur reste, Fallae prend des mesures d'urgence :
- Lhin, il va falloir que tu t'échappes, tu es la seule à pouvoir le faire !
- Nooooon, je ne vous laisserai pas !
Il prend sa compagne par les épaules :
- LHIN ! Lhin ! Nous n'avons pas le choix ! Le temps presse alors ne discute pas ! Je vais confier Omine à la nature, elle saura la protéger...
A contre-coeur, Lhin admet que Fallae a raison. Elle prononce une incantation rapide et se transforme en aigle dans un nuage de fumée. Avant de prendre son envol, Elle jette un dernier regard à Fallae, qui retire une amulette de son cou et l'enroule autour du bébé, avant de l'introduire dans le terrier d'un lapin.
Une poignée de secondes plus tard, les orcs pénètrent dans la clairière, brandissant leurs armes en émettant des sons plus proche de ricannements que de cris de guerre.


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Emelinette



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MessageSujet: Re: Omine Zéro (complet)   Mer 25 Juil - 7:04

Chapitre 2


Deux jours plus tard, en fin d'après-midi, un petit groupe sillonne les chemins, dans la même forêt, remontant la piste des orcs.
Ce groupe est constitué d'un guide, Ronir, un chasseur nain sur le retour, désigné pour cette mission car les effectifs de la garnison sont en nette diminution, les conflits se multipliant avec les orcs. Cependant, il prend sa tâche au sérieux. Comme la plupart des nains, il est bougon, de mauvaise foi et courageux. Et il aime par-dessus tout une bonne bière tiède à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.
Le responsable du groupe est un prêtre humain, Maruss, arborant fièrement sa cinquantaine grisonnante. C'est lui qui se charge de la plupart des "missions de secours aux traumatisés", à savoir parcourir les champs de bataille à la recherche d'un malheureux à soigner. Il est rattaché à l'église de Hurlevent, mais se retrouve régulièrement en mission parfois à plusieurs jours de marches de la capitale.
Maruss a requis l'aide de deux soigneurs de l'hôpital municipal. Il a du se contenter d'une stagiaire, Olivia, une jeune Daeneï qui est sur le point de terminer ses études de chamanisme à l'université de L'Exodar.
Pour fermer la marche, un membre de la garde officielle de Hurlevent, Carmin, fils d'un notable humain de haut rang, incapable et maladroit, qui n'a trouvé là qu'une excuse pour faire une balade sans risque, les bandits étant en pleine migration à la saison des orcs, et s'est porté volontaire.
Ils avancent le long de la route de l'ouest, qui est généralement assez fréquentée, mais que les récentes batailles ont rendue déserte.
Ronir s'arrête fréquemment pour étudier les empreintes et autres branches cassées qu'il est le seul à repérer.
Tout à coup, sans prévenir, il s'engouffre dans la forêt, quittant la route. Toute la troupe le suit, confiante.
Au moment de pénétrer dans l'obscurité relative du sous-bois, Carmin jette un oeil sur la route, dans les deux directions, comme pour se rassurer. Son regard est alors attiré par des traces de sang, à environ deux mètres de hauteur sur le tronc d'un arbre. Il frissonne à la pensée que c'est trop haut pour un humain, et que des orcs sont forcément passés par là il y a peu. Il s'approche et, en baissant les yeux pour regarder où il met les pieds, il remarque un objet d'une dizaine de centimètres de long. Il le ramasse, le retourne dans sa main, et laisse échapper un cri strident quand il se rend compte qu'il s'agit d'un doigt d'elfe coupé. Il laisse échapper sa trouvaille, et se précipite à la suite du groupe dans la forêt.
Le bruit sourd de sa tête heurtant un arbre résonne à des lieues à la ronde.

Lorsqu'il reprend ses esprits, il est allongé dans une clairière, la Draeneï étant agenouillée près de lui et applicant un bandage sur sa tête.
Le sang affluant à son cerveau provoque des sacades douloureuses. Il décide donc de rester sur le sol, mais jette un coup d'oeil autour de lui.
Deux carcasses de ce que furent probablement de gros félins dégagent une ôdeur très forte. Ils ont été dépouillés de leur fourrure et d'une partie de leur viande consommable. Les restes d'un feu de camp trônent au milieu de la clairière. Le prêtre est penché sur un corps, plus petit, semble-t-il, mais Carmin ne peut pas déterminer de quelle genre de créature il s'agit.
Olivia se met debout et s'approche de Maruss :
- La résurection n'est pas possible sur l'elfe ?
L'homme prend un air grave :
- Non, malheureusement, cela fait trop longtemps qu'il est mort. Nous ne pouvons plus rien faire pour lui. De toute façon, il a été tellement massacré que ça n'aurait pas été lui rendre service.
Carmin d'une voix étouffée :
- Un elfe ?
Le prêtre se tourne vers lui :
- Ah, notre jeune ami a repris connaissance. J'imagine que l'arbre s'est mis en travers de votre chemin ?
- NON ! J'ai pris peur en voyant un doigt d'elfe sur le sol ! Peut-être appartient-il au corps qui est là ?
Ronir pénètre dans la clairière avec suffisamment de bois pour faire un feu jusqu'à l'aube.
- J'ai entendu parler d'elfe ? Vous pensez que c'en était un ?
Maruss se baisse et observe les mains du cadavre :
- Oui, ça ne fait aucun doute. Et après avoir été assassiné, il a été dépouillé de ses bijoux, mais peut-être pas par les mêmes... créatures. Heu, dites-moi, Ronir, vous pourriez faire quelque chose pour enterrer tout ça ? Comme par exemple creuser un trou, ça nous rendrait service à tous. Merci.
Le nain laisse tomber ses bûches et sort une pelle de son sac en marmonant :
- Mouais, toujours les mêmes qui se tapent les corvées... Entre un soldat qui s'assomme tout seul et qu'il faut traîner pendant une demi-heure, un prêtre et une pisseuse en sabot, je suis bien tombé, moi !
Carmin remarque une branche ornée d'apparats mystiques, planté dans le sol à côté de lui :
- Qu'est-ce c'est que ce truc ? C'est les orcs qui marquent leur territoire ?
Olivia s'offusque :
- Ils ont une manière beaucoup plus primaine de marquer leur territoire...
Maruss fait signe à la chamane de se calmer et ajoute avec un sourire amusé :
- Non, il s'agit d'un totem de régénération, qu'Olivia a gentilment placé ici afin de guérir plus rapidement votre rencontre... brutale avec l'un des habitants de cette for...
Il est interrompu par des pleurs de bébé, bientôt suivi par un appel de Ronir :
- Heu... je crois que vous devriez venir voir ce que j'ai trouvé en creusant !
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MessageSujet: Re: Omine Zéro (complet)   Mer 25 Juil - 7:29

Chapitre 3


Voici le contenu de la lettre envoyée par le Commandant Théodor, membre de l'Armée de l'Alliance, affecté à la défense de Hurlevent, adressée aux Hautes Instances Druidiques de l'Alliance, basées à Darnassus :

"Veuillez pardonner mon impertinance en vous contactant directement, mais les faits qui m'y ont conduit sont, comme vous le constaterez par vous-même, suffisamment importants.
Il y a quelques semaines, l'un des prêtres de Hurlevent faisait une inspection des forêts environnantes, suite à différentes attaques d'orcs dont nous sommes victimes, cherchant d'éventuels blessés. Sur le terrain de ce qui semble être une attaque en règle de la part de ces sauvages, il découvrit le corps d'un elfe, ceux de deux félins que je crois savoir vous utilisez comme monture ainsi qu'un bébé elfe vivant, qui avait été caché dans un terrier à lapins.
Cette histoire n'a pas l'air très exceptionnelle, même si je regrette que l'un de vos frères de sang ait été malchanceux de s'aventurer au mauvais moment, au mauvais endroit.
Lors de l'une de mes inspections de l'orphelinat, qui se trouve sous la responsabilité d'un autre prêtre de notre ville, j'ai pu observer ce bébé, qui doit, à mon avis, être âgé d'un mois, à peine. Il portait, ou plutôt devrais-je dire elle, car c'est une fille, une sorte d'amulette. Le genre que nous ne voyons pas souvent par ici, mais qui m'en a fortement rappelé une autre. Elle était portée par l'un de vos ambassadeurs, qui était venus se présenter officiellement aux responsables de Hurlevent, il y a plusieurs mois de ça. Ils disaient s'appeler Fallae et Lhin, et devoir enquêter sur des histoires d'animaux dans nos forêts. A l'époque, les orcs nous laissaient tranquilles, je n'ai donc vu aucune raison de le gêner dans sa démarche. Nous n'avons pas eu de leurs nouvelles depuis, et même notre maître druide local ne sait pas ce qu'ils sont devenus.
Il semble donc possible que nous ayons trouvé leur camps et une partie de leur groupe, même si je n'étais pas au courant qu'ils aient eu un nourrisson ou que la femelle eut été grosse. Celle-ci est d'ailleurs introuvable sur toutes les terres dépendant de Hurlevent.
Je vous demande donc officiellement si vous pouvez nous aider dans l'identification du corps et ce que vous voulez que nous fassions du bébé.

Je vous transmet le respect de mon peuple."


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MessageSujet: Re: Omine Zéro (complet)   Mer 25 Juil - 9:11

Chapitre 4


- Et quelle a été la réponse ?
C'est Emelina qui vient d'intervenir.
Du haut de ses vingt ans, la jeune femme n'avais pas encore soufflé mot depuis que Théodor, son père, avait demandé le silence et avait commencé à raconter l'histoire d'Omine.
Théodor a en effet choisi ce jour, l'anniversaire d'Omine, pour la mettre au courant de ses origines. La fillette, déjà très mûre pour son âge, commençait à poser des questions sur les différences physiques qui existent sans conteste entre elle et le reste de sa famille. Son paternel a décidé qu'il était temps pour elle de toute savoir. A la fin du dîner, il prit la parole.
- Ils ont mis 3 mois à se manifester. Je ne m'attendais pas à des réponses précises, évidemment, mais à part le fait qu'ils ne savaient pas où était Lhin, ce qui me surprend beaucoup, ils ont laissé entendre que, quoi que je décide de faire avec le bébé, ils m'approuvaient.
Omine, dont le visage reste impassible depuis le début du discours, demande :
- Et pourquoi as-tu décidé de m'adopter ?
En regardant sa femme, Théodor poursuit :
- La naissance de ta soeur a été un véritable calvaire pour ta mère, et elle en a gardé des séquelles qui ne lui permettent plus d'enfanter. Mais nous avions envie, l'un comme l'autre, d'avoir une famille plus nombreuse. Ca a été l'occasion. Dès la réception de la lettre, j'ai couru à l'orphelinat et le prêtre n'a fait aucune difficulté pour te confier à nous. Emelina avait déjà 10 ans, ton âge aujourd'hui, et elle a très bien pris à coeur son rôle de grande soeur. Nous t'avons tous aimée comme notre fille, et aujourd'hui encore, nous continuons.
Voyant qu'il hésite, sa femme prend le relais :
- Nous t'aimons, Omine, et toute cette histoire ne remet pas ça en cause.
La jeune elfe se lève, regarde son père, puis sa mère, et part en courant se réfugier dans sa chambre.
Emelina fait signe à ses parents qu'elle va lui parler, puis prend le même chemin que sa soeur.
Elle arrive devant la porte fermée de la chambre d'Omine. Elle tapote doucement le battant avec l'ongle de son index, puis utilisa sa voix la plus douce :
- Tu me laisses entrer, Mimine ?
Après une minute, la clé tourne dans la serrure, et la porte s'entrouvre.
Emelina entre, referme, s'assied sur le lit, à côté de sa soeur et lui passe un bras autour des épaules.
- Je sais bien ce que vous avez tous fait pour moi. Je sais bien que vous m'aimez. Je sais bien que je peux compter sur vous... Mais pourquoi je ne suis pas une petite fille nomale ? Pourquoi tout ça m'arrive à moi ?
Elle lève ses yeux larmoyant vers le visage d'Emelina, qui la regarde, pleine de compréhension.
- Tu n'es pas une fille normale. Tu es bien plus que cela. Tu es une soeur formidable, et tu seras une femme exceptionnelle. Que tu soies troublée par ces révélations est tout ce qu'il y a de plus normal. Vas-y, pleure autant que tu veux, ma puce.
Entre deux sanglots, Omine articule :
- Eme, tu n'y es pour rien, et je serai toujours ton amie. Mais j'en veux à papa et...
Elle se lève, prend un petit coffre sous son lit et le pose sur la table. A l'intérieur, elle y prend une sorte de collier, qu'elle brandit sous les yeux de sa soeur :
- Ca ne serait pas l'amulette que je portais quand j'ai été trouvée ?
Emelina prend le bijou dans ses mains, l'étudie attentivement :
- Pour être sûre, il faudrait demander à papa, mais c'est bien possible. Il a disparu il y a plusieurs années, c'était... toi ?
- Il m'a toujours bien plu, et quand je passais à proximité, j'avais l'impression d'être attirée par lui. Un jour j'ai voulu le prendre dans ma main et, comme papa arrivait, j'ai du partir en courant, sans prendre le temps de le remettre en place. Depuis je l'ai toujours gardé ici.
En rendant l'amulette à Omine, Emelina lui dit :
- Je sais qui pourra t'en dire plus là-dessus, si tu ne veux pas en parler à papa...
Le visage d'Omine s'illumine d'un grand sourire.
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Emelinette



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MessageSujet: Re: Omine Zéro (complet)   Jeu 26 Juil - 3:44

Chapitre 5


Une petite demi-heure s’est écoulée, et les deux sœurs se tiennent alors devant la porte d’une bâtisse assez ancienne, mais pas pour autant en mauvais état. Derrière elles, une fontaine en pierre laisse échapper le doux murmure de l’eau, que ne couvre pas complètement les rires et les chants provenant d’une auberge lointaine.
Il fait maintenant nuit noire, et cette partie de la ville n’est pas très bien éclairée. Heureusement que la lune est très claire ce soir.
Emelina cogne vigoureusement sur la porte en bois épais. Un chien aboie dans une maison mitoyenne.
Un jeune elfe ouvre au bout d’une poignée de secondes. La lumière d’une cheminée au centre de la pièce le fait apparaître à contre-jour, mais Omine, que son acuité visuelle naturelle lui permet de voir dans l’obscurité comme en plein jour, pense qu’il ne doit pas être beaucoup plus âgé qu’elle.
L’humaine affiche son plus beau sourire :
- Bonsoir. Je suis Emelina, la fille du Commandant Théodor, et voici ma sœur Omine.
L’hôte aperçoit alors Omine, qui était un peu en retrait derrière sa sœur. Il la regarde attentivement, ne parvenant plus à en détacher son regard. Elle est emmitoufflée dans une grande cape bleue, laissant deviner une tunique en cuir travaillé, ornée d'un motif en fil noir, représentant un rapace. Son pantalon, en cuir également, mais plus léger pour assurer un meilleur confort, s'arrête à mi-molet. Les pieds sont soutenus par des sandales à la semelle épaisse, maintenues par des lacets solidement attachés.
- Serait-il possible d'avoir une petite entrevue avec ton maître ? Je crois savoir qu'il est ici...
Une voix grâve résonne dans la maison :
- Il est ici, et que lui veut un soldat à cette heure tardive ?
Emelina entre, sans laisser le temps au jeune elfe de s'écarter.
- Veuillez pardonner mon audace, Grand Maître. Si vous avez quelques minutes, j'aimerais vous présenter ma soeur Omine...
Elle tourne la tête, mais s'aperçoit qu'Omine est restée dans l'encadrement de la porte, aussi hyptonisée par son frère de sang que lui par elle. Lui ne porte que de vieux vêtements en tissu, usés jusqu'à la corde.
- Omine ! Entre, s'il te plaît !
Elle s'exécute machinalement, sans reprendre ses esprit.
Le maître semble s'apaiser :
- Oly, ne reste pas planté là comme ça, c'est pas très poli. Va plutôt nous préparer une tisane.
Oly part dans la cusine adjacente.
- Pardonnez mon disciple, à part moi il cotoie peu de gens de notre race, et n'a pas l'habitude des filles de son âge...
Emelina passe un bras autour des épaules d'Omine :
- Ma soeur est également un peu sauvage... dans tous les sens du terme.
- Je connais l'histoire de votre... soeur, et je pense connaître la raison de votre venue. Mais prenez place, je vous en prie.
Emelina retire sa cape rouge flamboyante, révélant une armure discrète et légère, mais sûrement très efficace aussi, dorée principalement, avec des filets argentés. Elle s'assoie sur le sol, devant la cheminée, rejointe par sa soeur, face au maître qui retrouve son fauteuil, seul siège de la pièce.
Oly revient avec un plateau en cuivre, sur lequel sont posés 4 bols remplis d'un liquide fumant.
- J'espère que l'eau est assez chaude, dit-il en contournant la table, et en proposant le breuvage à Omine en premier.
Lorsque tout le monde a fini de boire, le maître poursuit, en s'adressant à Omine :
- Tu désires en savoir plus sur tes vrais parents, d'où tu viens et ce que tu vas faire de ta vie, n'ai-je pas raison ?
Emelina laisse quelques secondes s'écouler, et voyant qu'Omine ne fait pas mine de vouloir s'exprimer, elle prend la parole :
- Bien que nous souhaiterions des réponses à ces questions, effectivement, nous aimerions commencer par vous montrer un objet...
Elle donne un coup de coude à sa soeur qui a retrouvé sa léthargie hyptnotique en la présence d'Oly. Celle-ci porte un regard interrogateur sur Emelina, qui lui murmure :
- L'amulette, voyons.
A ces mots, le druide hausse les sourcils, creusant plusieurs rides horizontales sur son front. Il prend l'amulette que lui tend la jeune elfe et ne prend pas longtemps à l'examiner avant de la rendre à sa propriétaire.
Emelina devine que ce n'est pas la première fois qu'il la voit :
- Vous semblez connaître cette amulette, je me trompe ?
- J'ai un peu connu quelqu'un qui l'a portée, il y a bien des années, effectivement. Ton père, Omine. Par contre, j'en ignore totalement les pouvoirs. Tout ce que je sais, c'est qu'il ne s'en séparait sous aucun prétexte.
- Il semble établit que le Fallae soit décédé lors d'une attaque orc, peu avant qu'Omine ne soit trouvée par un prêtre dans la forêt. Par contre, nul ne semble savoir ce qu'il est advenu de Lhin, sa mère...
Le maître prend une profonde inspiration, pour réfléchir à ce qu'il va dire.
- Je ne pourrai hélas rien vous apprendre sur ce qu'il est advenu de Lhin après cette nuit-là. Et je crains que personne en ce bas monde ne le puisse. Ces deux êtres étaient énormément attachés l'un à l'autre. Je n'ose imaginer ce qu'elle a pu faire si elle a vu ou même seulement appris ce que ces orcs ont fait à son compagnon. Cependant, une chose me tracasse : elle n'aurait jamais rien fait de définitif sachant que sa fille était encore potentiellement en vie, du moins si elle en était capable. Et c'est justement ce qui me rend le plus pessimiste.
Il adresse un regard plein de compassion à Omine :
- Je suis désolé pour toi, ma petite. Il y a malgré tout une chose que je peux faire pour toi, si tu es d'accord, bien entendu. Je n'ai qu'un seul disciple, en ce moment, et je me sens largement capable d'un prendre un deuxième. Je t'enseignerais les arts druidiques. Tu seras ainsi plus proche de tes parents par la pensée et par l'âme, et, qui sait, peut-être cela t'aidera-t-il un jour pour découvrir ce qui est réellement arrivé à ta mère ?


FIN
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