Ordre du Pentagramme

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 Par le sang (complet)

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Emelinette



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MessageSujet: Par le sang (complet)   Lun 23 Juil - 7:58

chapitre 1

- Ecoute, Omine, avec une blessure pareille, tu devrais éviter d'utiliser un bouclier pendant quelques temps, sinon ton épaule ne se remettra pas.
- Aïeuuu ! Fais attention, Cathy ! De toute façon j'aime pas utiliser un bouclier, c'est trop lourd !
Cathy c'est la nourrisse de ma famille. Elle a toujours été adorable et attentionnée avec chacun.
Nous sommes dans ma chambre, et elle est en train de me mettre sur l'épaule un bandage rigide fait de morceaux d'écorce d'arbre, badigeonné d'une pâte de sa composition. Elle est très douée en ce qui concerne la confection de pommades et potions en tous genres.
Elle sort un petit couteau de sa poche et découpe le bord du bandage, qui appuyait sur mon cou, pour éviter qu’il ne me meurtrisse, tout en continuant de parler :
- Il n'y est pas allé de main morte, ton père, cette fois. Faudrait quand même que je lui dise que tu n'es pas aussi solide que ta soeur.
Ah, oui, il faut que je vous dise : j'ai une soeur, Emelina, un peu vieux jeu, mais que j'adore et qui me le rend bien.
Et une autre chose : contrairement au restant de ma famille, je ne suis pas humaine, mais elfe.
C'est une longue histoire, et je ne la connais moi-même que depuis peu, si encore je peux me fier à ceux qui me l'ont contée. J'y reviendrai une autre fois plus en détail, mais voici un résumé, afin que vous puissiez comprendre ma situation.
Mes parents étaient des nomades. Ils étaient tout deux elfes, bien sûr, et dans leur communion avec la nature, ils voyageaient de forêt en forêt. Un beau jour, alors qu'ils étaient dans une région peuplée essentiellement d'humains, ils se sont retrouvés pris dans une farouche bataille entre un groupe d'orcs et une partie de l'armée de défense de la grande ville voisine.
Je n'étais âgée que de quelques mois, et je ne du mon salut qu'à un terrier de lapin, dans lequel mon père m'engouffra de justesse avant d'être violemment coupé en deux par la hache immense d'un orc encore plus grand. Personne ne su ce qu'il advint de ma mère. Elle fut probablement violée et donnée en pâture aux montures de ces êtres assoiffés de sang.
Une fois la bataille finie, les orcs étant en déroute car trop peu nombreux face à des soldats pas forcément bien entraînés mais plutôt bien équipés d'armes modernes, une troupe de prêtres passait en revue les cadavres, afin de savoir s'il n'y avait pas quelque être encore en vie à soigner. Les pilleurs avaient déjà fait leurs oeuvres bien avant, cela va sans dire. Mes cris auraient alerté l'un des prêtres, qui me ramena dans son église. Il avait décidé de m'élever parmi d'autres humains, dans l'orphelinat de la ville.
Mais c'était sans compter le commandant Théodor, un militaire ambitieux et volontaire, qui faisait partie de la garnison. Cet homme était en effet très triste que sa femme ne puisse plus enfanter, suite à l'accouchement difficile de leur première fille, Emelina. Il aurait tellement voulu une descendance plus nombreuse, et il venait régulièrement voir les orphelins, dans le secret espoir d'en trouver un à la mesure de ses rêves.
Il avait probablement vu des elfes avant, les échanges entre nos deux peuples étant déjà, si ce n'est généralisés, du moins assez courant pour que des membres de chacun soient régulièrement dans les grandes villes de l'autre. Toujours est-il qu'en me voyant, il aurait eu le coup de foudre, et n'aurait eu de cesse de me réclamer à l'église que le jour où l'un des cardinaux, qui le recevait pour la centième fois, en eu assez et ait plié à sa volonté.
Emelina avait une petite dizaine d'années à l'époque, mais son destin de grande guerrière était déjà tout tracé.
- C'est normal que je ne sois pas aussi solide que ma soeur. Je suis une elfe, je ne suis pas faite pour le combat !
- Tss tss, Omine, tu sais très bien que les elfes sont doués pour la guerre. Ton peuple l'a déjà prouvé à maintes reprises.
Cathy a toujours raison. Ca m'énerve. Et ça développe bien souvent ma mauvaise foi.
- Nan ! Regarde-nous : Eme est grande, musclée, et elle encaisse les coups nettement mieux que moi !
Alors qu’en fait j’ai une bonne tête de plus que ma sœur.
- C'est normal, elle a bientôt 25 ans. Toi tu n'es pas encore adulte, ton corps est en pleine croissance ! Et son entraînement est beaucoup plus abouti que le tien.
- Pffff, mon entraînement, parlons-en ! Prendre des coups à longueur de journée, y a rien de bien fôlichon...
- Comment veux-tu devenir une guerrière dont tous les bardes chanterons les exploits, si tu ne t'entraînes pas ?
- Ecoute, Cathy, tu sais très bien ce que je pense de tout ça !
En effet, depuis presque cinq ans que mon père m'a révélé ma véritable nature, je ne cesse de bassiner tout le monde avec mon refus de suivre la formation que mon père a déjà imposé à ma sœur et essaie de me faire suivre également.
Cette date restera toujours gravée dans ma mémoire.
Aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie plus à mon aise dans la nature que dans une salle d'entraînement aux armes.
Et la révélation que mon père m'a faite, sous l'insistance de ma mère surtout, n'a fait que me conforter dans mes idées.
Mes vrais parents étaient druides, et je serai druide aussi. Rien à faire de ces armures et armes métalliques, au chant si agressif pour mes oreilles. Rien à faire de savoir différencier une épée, d'un fleuret ou d'un sabre. Rien à faire d'aiguiser correctement une lame. Rien à faire de savoir mettre ou enlever une armure complète en moins de 20 minutes et avec seulement 3 aides.
Combien de fois ai-je fugué, trouvant refuge dans une forêt ou une montagne. Toujours retrouvée par les hommes de mon père tôt ou tard, quand ce n'était pas moi qui rentrait, affamée ou tremblante de froid.
Depuis j'ai décidé d'apprendre à communier avec la nature correctement avant de prendre mon envol. J'ai trouvé un maître druide, à l'autre bout de la cité, et je vais régulièrement le voir, à l'insu de mon père, évidemment.
Mais en attendant, je suis bien obligée de montrer un semblant d'obéissance, et de participer à quelques entraînements, comme tout à l'heure où mon père, oubliant peut-être mon âge, ou justement pour montrer à ses soldats qu'il ne fait pas de sentiment, me donna un violent coup de bouclier qui me projeta contre le mur. L'atterrissage a été rude, et mon épaule va me le rappeler pendant quelques semaines.
- Et puis ça va être l'heure de mon cours de métamorphose. La dernière fois, j'ai presque réussi à me transformer en panthère, comme Oly !
Oly est un autre disciple du maître.
Cathy soupire. Avec ma sœur, c'est la seule personne a qui je me confie. Je sais qu'elles n'iront pas répéter à mon père tout ce que je fais dans son dos.
- Une panthère ! Avec un bras en écharpe, tu va me faire une belle panthère, tiens...
Elle finit de poser le bandage, se lève et sort.
Effectivement, ma transformation est plutôt compromise pour ce soir. Sauf si...
Avec mon seul bras valide, j'enlève aussi rapidement que je peux le reste de mon armure d'entraînement, passe mes vêtements habituels et me précipite chez le maître druide.


Edit : corrections mineures suite à relecture et aux premières critiques.


Dernière édition par le Mar 24 Juil - 9:25, édité 2 fois
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Emelinette



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MessageSujet: Re: Par le sang (complet)   Lun 23 Juil - 8:54

chapitre 2

- Oly, tu sais ce qui se passe ?
Ma question reste en suspend, Oly étant plongé dans ses pensées.
Oly est l’un des apprentis de mon maître druide les plus prometteurs. C’est celui qui a l’âge le plus proche du mien, et celui avec qui je m’entends le mieux. En fait, c’est l’unique apprenti, mise à part moi. Il faut dire que les druides ne sont pas forcément bien vus par les humains, vu qu’ils ne disposent pas des facultés nécessaires à la pratique de cet art magique. Mais pourtant nous nous entendons bien avec Oly. Il est à peine plus âgé que moi, il est un peu plus en avance dans l'étude de la magie druidique, mais il a commencé beaucoup plus tôt que moi.
Je suis assise avec Oly sur le rebord de la fontaine, devant la maison de notre maître. Cette fontaine qui nous sert plus ou moins officiellement de salle de cours, quand nous ne sommes pas dans la forêt. Il se retourne lentement, remonte son regard du sol jusqu’à mes yeux, hausse les sourcils et murmure lugubrement :
- Je crois que quelque chose de grave préoccupe notre maître.
Son regard descend alors sur mon bandage :
- Tu vas encore aux entraînements de ton père ?
Il pose délicatement une main sur le bandage, prend une mine désolée en voyant que je grimace, mais maintient sa pression.
Ses yeux se ferment, lui permettant de se concentrer encore plus.
Oly a choisi la voie de la guérison, comme l’appelle notre maître. Pour faire simple, il préfère étudier les manières druidiques de soigner.
Pour ma part, ayant un caractère plus sauvage, et aimant par-dessus tout le vagabondage et la compagnie des animaux, j’essaie de suivre la voie farouche, permettant, quand j’aurai assez d’expertise, de prendre l’apparence de certains animaux.
Il existe une troisième voie, dite d’équilibre, mais notre maître ne nous en parle jamais, probablement parce qu’elle n’est plus très utilisée de nos jours.
Pour en revenir à Oly, j’ai l’impression qu’il tente un sort plus puissant que ce qu’il est capable de faire :
- Hé ! Qu’est-ce que tu fais ? T’es malade ? Arrête tout de sui…
Il m’interrompt d’un geste de son autre main, sans ouvrir les yeux :
- Shhhhh, laisse-moi faire…
Pour autant que je sache, il connaît ses limites et, s’il lui arrive parfois d’essayer de les repousser, je le crois suffisamment sage pour ne pas faire de bêtise sur un être vivant. Surtout si c'est moi !
Je vois notre maître sortir de sa maison. Il remarque ce qu’Oly essaie de faire et s’immobilise, tout en observant attentivement.
Au bout d’une bonne dizaine de secondes, durant lesquelles je ressens des picotements dans mon épaule, Oly ouvre les yeux et sourit.
- C’est très impressionnant, mais également fort imprudent, mon jeune ami !
Oly se retourne et se rend compte que le maître a assisté à la scène. Il se lève d’un bond :
- Excusez-moi, maître, je sais que ce sort est encore ardu pour moi, mais je l’ai déjà réussi deux fois hier, alors je pensais qu’Omine serait soulagée que j’en fasse usage sur son épaule meurtrie !
Le maître s’avance vers nous, faisant glisser ses sandales sur l’herbe grasse de la place :
- Omine semble te faire confiance plus que de raison, mais n’en profite pas. Elle est moins habituée que toi à cette forme de magie, ne l’oublie pas.
Oly s’agenouille devant le maître qui est maintenant à côté de nous :
- Veuillez me pardonner, maître, je ne le referai plus, je vous le prom…
- Assez de promesses, quand tu sais que tu ne les tiendras pas, mon jeune garçon ! Relève-toi. Comme je te l’ai dit, le cours de ce soir sera spécial. Allons retrouver mon ami le maître mage !
Pendant que nous marchons tous trois en direction de la tour du maître mage, je tente d’obtenir des informations :
- Que se passe-t-il, Maître ? Oly m’a raconté que vous lui aviez demandé de récolter une plante assez rare aujourd’hui, mais nous ignorons quel est son pouvoir.
- Effectivement, ma petite, pendant que tu subissais les assauts de ton vigoureux mais imbécile de père… enfin, bref, j’ai envoyé ton compagnon cueillir une fleur qui va nous permettre de concocter une potion qui va nous être très utile d’ici peu.
Oly sort fièrement un petit sac de tissu qu’il brandit sous mon nez :
- J’en ai trouvé au moins une vingtaine ! Et elles ne sont pas facile à extraire, il y a plein d’araignées géantes tout autour du massif !
- La leçon de se soir vous apprendra à ne pas compter que sur vos pouvoir. Il est bien des circonstances où vous devrez faire confiance à d’autres formes de magie.
Le maître s'engouffre dans une petite boutique. Nous ne sommes pas encore à la tour du maître mage, mais je connais cette échoppe : c'est celle de l'alchimiste Norien.


Edit : finalisation du chapitre + corrections mineures suite à relecture et aux premières critiques.
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Emelinette



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MessageSujet: Re: Par le sang (complet)   Mar 24 Juil - 3:35

chapitre 3

- T'as pas envie de savoir ce qu'ils disent ?
Notre maître nous a laissés, Oly et moi, dans la salle d'étude de la demeure du maître mage.
Il y a une dizaine d'humains, enfants et adolescents, installés sur des tables individuelles bien alignées. Ils sont plongés dans la lecture de vieux parchemins et ne semblent même pas nous avoir remarqués.
Devant mon silence, Oly insiste :
- Tu veux vraiment pas savoir ?
Je vois bien qu'il meurt d'impatience de connaître la raison de notre présence en ce lieu habité par une aura très spéciale, que je trouve à la fois violente, mystique et étouffante.
Je chuchote, afin de ne pas être entendue éventuellement par les studieux jeunes mages :
- Oly, arrête tout de suite ! Ca va nous apporter que des ennuis si tu fais ça !
Je sais très bien ce qu'il a dans la tête. Depuis le temps que je le côtoie, le bougre ! Mais mon avertissement n'a, comme d'habitude, d'autre effet que le convaincre de continuer son idée. Et ne voulant le laisser prendre trop de risque, je le suis dans la bibliothèque adjacente, qui est déserte et relativement obscure.
Je soupire, afin de lui montrer ma désapprobation. Je devine qu'il me sourit, car il sait qu'au plus profond de moi je le suivrai où qu'il aille et quel que soit le danger qu'il affronte.
Je me glisse vers l'entrée de la pièce, jette un oeil sur les étudiants, et lui murmure :
- C'est bon, tu peux y aller.
Ma curiosité l'emporte sur mon sens du devoir, et au lieu de continuer à surveiller si quelqu'un arrive, j'observe mon compagnon.
Oly se met à genoux, marmonne une formule que j'ai à peine commencé à retenir tellement elle est compliquée, et s'arrête brutalement, en proie à une contraction musculaire intense. Il émet alors un cri étouffé, qui se transforme en l'espace d'une seconde en un grognement beaucoup plus sauvage. Sa peau se couvre d'un pelage sombre et en moins d'une seconde, le voilà transformé en panthère.
Il m'impression, mais en même temps, je sais qu'il commence à avoir l'habitude de ce sort.
- Fais bien attention, surtout. On ne sait pas de quoi ces mages sont capables !
La forme féline du druide lui confère des pouvoirs de furtivité impressionnants. Oly peut sans encombre traverser la salle d'étude, se permettant même de jeter un oeil sur le parchemin de l'un des mages, sans rien y comprendre, je présume.
Il parvient à l'autre bout de la pièce, ou une ouverte donne sur un couloir, qui débouche sur l'anti-chambre du maître mage, sans que quiconque ne l'ait repéré. Il disparaît ensuite de ma vue.
Prenant mon mal en patience, je sors de ma poche la fiole que mon maître m'a donnée chez l'alchimiste, en même temps qu'à Oly. Je me souviens de ses paroles :
- Ne buvez pas son contenu avant que je ne vous le dise !
Il a été très sage de ne pas nous en révéler les effets. Cette potion qui ne doit pas être bien dangereuse sinon il ne nous l'aurait pas confiée sans plus de précautions. Mais la somme que nous l'avons vu verser à Norien nous empêche de la gâcher.
La couleur du lique, d'un blanc laiteux avec de petits points noirs, me plaît bien. Ca me rapelle mon bol de petit déjeuner.
Je sursaute presque lorsque mon maître, qui est apparu dans la salle d'étude sans que je ne m'en aperçoive, lance un discret :
- Omine, Oly ! Venez avec moi !
Il parcourt la pièce du regard, et fronce les sourcils :
- Où est-il encore ?
Une petite voix surgit du couloir, derrière notre maître :
- Heu... ici, maître.
Oly a retrouvé son apparence elfique et se tient, tout penaud, dans l'entrée du couloir.
Si notre maître ne montre pas plus de colère, alors qu'il a très probablement deviné ce qui c'était passé, c'est qu'il a autre chose en tête. Il se retourne avec ampleur et va rejoindre le maître mage au fond du couloir, Oly et moi sur ses talons, silencieux et un peu impressionnés.
Sur un geste de la main de notre maître, nous nous mettons tous deux dans un coin de ce qui s'apparence plutôt à une salle de méditation qu'un bureau de travail. Nous trouvons un peu de place entre les piles de manuscrits qui jonchent le sol devant les étagères couvrant les murs, laissant les deux maîtres au centre, devant un pupitre.
Le maître mage m'a toujours laissé une impression bizarre. Déjà, une robe, c'est pas très pratique pour les femmes, ça gêne pour courir, ça se prend dans les ronces, ça vole avec le vent. Mais sur un homme, ça ne m'inspire pas trop confiance. Je n'échangerais mes frusques en cuir pour rien au monde. Oly me raisonne souvent : chacun fait ce qu'il veut !
Lorsque le mage commence à lire un parchemin, notre maître nous fait signe de boire les potions, ce que nous faisons sans réfléchir. Notre maître doit avoir ses raisons. Le goût me fait vite regretter mon petit déjeuner, par son âpreté et son goût très salé.
Le mage prononce des paroles que je ne comprend pas, et à en juger par le visage sceptique d'Oly, j'imagine que lui non plus.
Un tourbillon commence à faire foler des feuilles dans la pièce. Un grondement allant en s'emplifiant fait trembler le sol de pierre.
Le temps que je commence à me rapprocher de la porte, pour pouvoir m'éclipser si ces phénomènes deviennent insupportables, et je vois trois créatures immatérielles apparaître entre les deux maîtres.
Elles semblent particulièrement hostiles, ressemblant à des boules d'énergie transparentes en lévitation, affublées de deux membres ressemblant grossièrement à des bras.
L'une d'elles assène un coup brutal au maître mage, qui en perd sa concentration l'espace d'un instant. Mais cet instant suffit aux trois démons pour quitter la pièce et se précipiter dans la salle d'études.
Le maître mage, reprennant ses esprits, s'écrie :
- Il faut les arrêter !
Il se met à courir derrière les créatures, suivi par notre maître. Avec Oly, nous nous regardons, ignorant ce qu'il faut faire.
Les premiers cris des étudiants parviennent à nos oreilles.
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MessageSujet: Re: Par le sang (complet)   Mar 24 Juil - 5:44

chapitre 4

J'arrive en courant dans la salle d'étude, Oly sur mes talons.
Je vois les créatures frapper deux jeunes mages qui sont au sol, les tables étant renversées.
Je ne prends pas le temps de réfléchir. Tout en fonçant sur l'ennemi, je récite une formule que je connais maintenant par coeur, et une fois au contact, j'ai déjà pris l'apparence d'un ours brun, et mes coups de griffes font déjà retourner le premier démon vers moi.
Oly est resté à l'entrée du couloir, et, les bras tendus en avant, mains face-à-face, lance un sort de soin sur l'un des humains inanimés.
Le maître mage est également en pleine incantation, et des rayons d'énergie sortent pas l'extrémité de ses doigts pour venir frapper les démons.
Je devine par l'immobilité des monstres que mon maître a utilisé un sort d'enraciment, afin de leur éviter d'échapper à nos assauts et d'aller semer la panique dans les rues de la ville.
Je frappe de toutes mes forces toutes les cibles qui passent à ma portée, sans trop chercher à voir s'il s'agit d'un ami ou d'un ennemi, car tous les mages qui accourent se mettent à lancer, qui des boules de feu, qui des traits de glace, qui des rayons d'énergie, et je dois fermer les yeux devant la luminosité très vive.
Je sens la résistance des démons diminuer progressivement, essentiellement sous les sorts du maître mage qui, par sa puissance, est de loin celui qui leur inflige le plus de dégats.
Oly s'approche des corps épars sur le sol et les tire pour les mettre à l'abris et soigner ceux qui peuvent encore l'être.
Soudainement, je ressens comme une poussée dans mon dos. Je me retourne brusquement, et constate que l'un des démons n'était pas avec les autres, et me donne des coups. Le fait de ne pas les sentir plus me chagrine un instant, mais je préfère me consacrer à asséner des claques aussi vite que possible sur les bras de la créature, autant pour me protéger que pour lui faire mal.
Je sais que la forme d'ours des druides a une résistance physique supérieure à ce que peut encaisser un être normal, aussi je pousse de grands cris, espérant ainsi garder sur moi l'attention de chaque démon, pendant que tous les mages continuent à les détruire.
Mes cris couvrent même ceux des jeunes étudiants qui, s'ils ne sont pas morts ou inconscients, commencent à se calmer et à réagir face à la situation, dans la limite de leurs moyens.
Par moment, je me sens parcourue d'une vague chaleureuse et apaisante, probablement en provenance de mon maître, qui sait que je ne tiendrai pas seule face à la puissance de ces démons, et qui me soigne à distance.
Soudainement, une énorme explosion retentit, faisant jaillir des gerbes d'étincelles des 3 créatures incontrôlables, qui émettent des sons stridents, signifiant leur souffrance. Elles lèvent toutes leurs bras au ciel avant de disparaître dans un épais nuage de poussière.
Ne pouvant m'empêcher d'inspirer une bonne quantité de cette poussière, je suis prise d'une quinte de toux irrrésistible.
Lorsque je me reprends, je sens la main de mon maître me soutenir par le bras. J'ai retrouvé mon apparence normale. Le calme est revenu dans la pièce. Je prend appui sur une table qu'Oly a remise sur pied pour moi. Il me tend une sorte de biscuit :
- Tiens, mange ça, tu te sentiras mieux.
Je reconnais le goût de viande de loup avec un peu d'assaisonnement, et je me sens effectivement vite revigorée.
Je regarde mon maître d'un air interrogateur :
- C'était quoi cette potion ? J'ai l'impression de ne pas avoir senti les coups !
- Tu ne sentais pas la douleur, effectivement, mais ces démons inférieurs t'ont malgré tout fait bien du mal !
Je vois Oly regarder mon dos : ma tunique et mon pantalon sont en lambeaux et je vois du sang s'écouler de larges plaies ouvertes en travers de mes reins jusqu'à l'arrière de mes cuisses. Oly me rassure :
- On va te soigner tout ça, mais il va rester quelques cicatrices, j'en ai peur. En tout cas, tu as été formidable de courage ! Foncer dans le tas, alors que ces créatures pouvaient ne faire qu'une bouchée de toi...
Nous tournons tous la tête vers une fenêtre brisée en entendant un grand cri provenant de la rue :
- Ho mon dieu ! Haaaaa
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MessageSujet: Re: Par le sang (complet)   Mar 24 Juil - 6:21

chapitre 5

- Ah vous voilà ! Merci d'être venus, malgré ce qui s'est passé hier, mes enfants.
Le maître druide nous accueille les bras ouverts. Il est assis au bord de la fontaine, devant sa maison.
Oly pose sur la pierre à côté de notre maître le coussin qu'il traîne depuis qu'il est passé me chercher dans ma chambre, et me fait signe de m'y installer. J'obtempère avec un sourire. Il s'assied à mes côtés.
- La leçon d'aujourd'hui sera de tirer les enseignements nécessaires par rapport à l'expérience que vous avez vécue il y a vingt-quatre heures chez les mages. Je vous laisse réfléchir.
Oly commence sans attendre :
- Toujours se méfier de ce qu'on ne connaît pas, même si le mage a l'air de savoir ce qu'il fait...
Le maître sourit.
- Oui, tu as tout à fait raison. Cependant, il est bien facile de se moquer. Cette invocation avait pour seul but de vous montrer les effets de la potion que je vous ai fait boire. Le grand maître mage n'avait pas pris les précautions qui s'imposaient, même si ce n'était que de petits démons.
Je vais pour intervenir, mais Oly est plus rapide :
- Ne jamais sous-estimer un adversaire, même s'il est connu pour être assez faible !
Mon idée était un peu différente :
- Celui qui est faible par rapport à quelqu'un peut être fort par rapport à un autre.
Notre maître regarde alors derrière moi :
- Colonel Théodor, je vous félicite pour la bravoure de votre petite !
Je me retourne pour voir mon père, appuyé à un réverbère.
- Vous permettez que je lui parle un moment, s'il vous plaît ?
- Faîtes donc, mon ami, je vous en prie.
Le maître se lève et prend le bras d'Oly pour lui demander de le suivre dans sa maison.
Mon père vient s'asseoir à mes côtés, l'air plus embêté que vraiment furieux.
- Ta mère avait bien senti qu'il s'était passé quelque chose hier, quand tu es rentrée et que tu es allée directement dans ta chambre. Je pensais plus à un coup de tête, comme ça t'es déjà arrivé par le passé. Mais en étudiant les rapports de la garde, et en voyant le nom du maître druide apparaître relativement à un incident à la tour des mages en fin d'après-midi, j'ai vite fait le rapprochement. Cathy a été plus qu'élogieuse à ton sujet, j'ignore d'ailleurs comment elle a eu autant de détails sur le combat...
- Papa...
- Non, laisse-moi finir, s'il te plaît. Je ne te demande pas de suivre les pas de ta soeur...
- Surtout qu'elle est partie chez les nains à la recherche d'un dragon noi... oups, excuse-moi. Continue.
- Il apparaît de plus en plus clairement que tu ne seras pas le soldat que j'aurais rêvé que tu deviennes. J'aimerais que tu continues malgré tout à suivre un entraînement, plus léger, j'y veillerai, afin d'être prête à affronter ce monde impitoyable le jour où tu décideras de nous quitter.
- Mais...
- Je sais que tu nous quitteras un jour ou l'autre, Omine. Tes racines sont ailleurs, ton peuple est ailleurs, et ce n'est qu'utopie de croire que je pourrai te garder par la force.
- C'est toi mon père, c'est ici ma famille, et malgré mes origines, rien ne changera ça !
Je devine une larme poindre au coin de son oeil. Je le prends dans mes bras. Il continue :
- Pour autant que je sache, tu mérites des louanges pour ce que tu as fait. Et je ne suis pas un ingrat. Même si tu fréquentes ce druide en cachette, ce qu'il t'a apporté a permis de sauver des vies.
- Tu veux que je te dise, papa ? Tes enseignements m'ont également été d'une grande aide pendant le combat. Et je n'ai plus l'intention d'échapper à mon entraînement dorénavant.
Mon père pose délicatement ses lèvres sur ma joue, et me sert fort dans ses bras. Je le soupçonne de faire ça pour que je ne voie pas ses yeux humide.
Oly jette un oeil à travers la fenêtre dans notre direction et, malgré la distance, je l'entend demander :
- Vous croyez qu'on peut ressortir ?
Je lui fait signe d'approcher de la main et ils ne tardent pas à être là tous les deux.
Mon père s'approche du maître et lui demande de le suivre à l'intérieur. Je n'ai pas besoin de les espionner pour savoir ce qu'ils vont dire.
En me prenant la main, Oly me demande :
- Je n'ai toujours pas compris pourquoi cette femme a hurlé si fort en voyant ses fleurs coupées en morceaux par les éclats de la vitre...


FIN
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